chronique. Un si charmant garçon.

Overblog

 Connexion + Créer mon blog Recherche

http://croqueurdelignes.over-blog.com

CROQUEURDELIGNES

Menu

UN SI CHARMANT GARÇON de CHRISTELLE ROUSSEAU

UN SI CHARMANT GARÇON DE CHRISTELLE ROUSSEAU

 19 Mars 2019  

UN SI CHARMANT GARÇON de CHRISTELLE ROUSSEAU

Résumé: L’expression « donner le bon Dieu sans confession »… vous connaissez ? Mais un visage d’ange cache parfois l’âme d’un tueur… Quel rapport entre un petit garçon turbulent et assurément mal dans ses baskets et les disparitions d’enfants dans le petit village de Gleinbeigh en Irlande ? À première vue, aucun, mais il ne faut jamais se fier aux apparences… Pourquoi trente ans plus tard, un inconnu s’en prend-il à une journaliste d’un grand journal parisien ? Y a t-il un lien avec le tueur de rousses sur lequel elle enquête ? Qui est le malade qui lui envoie des cadeaux si spéciaux ? Et si passé et présent étaient liés ?

Mon avis: Voilà pile poil ce que j’aime lire. Une histoire de tueur en série. Une série de meurtres peut-être liée à une autre série 30 ans auparavant. 

Christelle Rousseau est une auteure que je découvre avec un plaisir non dissimulé. 

Un jeune garçon de 8 ans prénommé Ben O’Ryan semble fortement perturbé. Il torture et tue des animaux avec un sadisme prononcé. Jusqu’à ce qu’il s’attaque à des êtres humains: des camarades d’écoles qui l’ont persécuté. 5 jeunes enfants vont amèrement regretter d’avoir croisé sa route. 

30 ans plus tard, des meurtres d’une rare violence sont commis et qui semblent avoir un lien avec les précédents meurtres. L’assassin s’en prends à des femmes sans aucun lien si ce n’est qu’elles sont toutes rousses. Pourquoi le tueur s’acharne-t-il avec autant de sauvagerie? Vengeance? Meurtre gratuit? Pourquoi envoie-t-il des cadeaux très particulier à Madison, la jeune journaliste chargée de mener l’enquête sur ce tueur? Toujours est-il que le commissaire Barnard, le policier chargé de l’enquête va avoir du fil à retordre pour coincer celui que l’on appelle « le nouveau jack L’eventreur »

Dès les premières pages, je me suis retrouvé dans une atmosphère glauque, flippante et particulière ( bah oui. Un tueur en série âgé de 8 ans, c’est pas banal quand même ). Je me suis dit: bon, c’est génial, j’adore cette histoire, l’ambiance qui s’en dégage mais l’âge du tueur quand même, l’auteure frappe très fort quand même. 

Au dela de cet aspect qui pourrait en rebuter plus d’un, il faut passer outre et plonger tête baissée dans ce livre qui va vous coller des frissons et des coups de flippe mais d’une force…

Si vous aimez les tueurs en série sadiques, si vous aimez avoir peur, Si vous voulez découvrir une auteure française bourrée de talent, alors, n’hésitez pas. Ce SI CHARMANT GARÇON est fait pour vous. 

J’ai retrouvé dans ce Ben O’Ryan, une sorte de clone de Will Edwards. Pour ceux qui le connaissent cela vous donne une idée du niveau de sadisme du tueur.

Christelle Rousseau est une écrivaine que je vais suivre de très près c’est certain. 

Un nouvel avis sur le chemin de la délivrance. Merci à Audrey!!

chemins de la délivrance, Christelle Rousseau

Je remercie Babelio et Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir Les chemins de la délivrance de Christelle Rousseau.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La seconde guerre mondiale éclate. La vie de millions de gens va en être bouleversée. Certains vont y voir une manière de grimper l’échelle du pouvoir, d’autres vont se lancer à corps perdu dans la guerre ou la résistance, quelque soit leur camp. Leur destin va en être totalement changé. Quelques fois la réalité va se révéler plus cruelle que prévue et imposer des choix et des décisions qui auront un impact plus ou moins important sur leur destinée. Louise, Simone, Dieter, Katerina, Gustav et bien d’autres, vont se retrouver entraîner dans la spirale infernale de la guerre dont ils ne sortiront pas indemnes.

  • Broché: 624 pages
  • Editeur : Évidence Éditions (1 janvier 2017)
  • Prix : 21€
  • Autre format : ebook

AVIS

L’autrice a pris ici le parti intéressant de nous parler de la Seconde Guerre mondiale à travers une galerie de personnages variés dont on partage des tranches de vie.  À mesure que nous découvrons chacun des protagonistes, les grandes étapes et horreurs de cette guerre se rappellent à notre mémoire : la montée en puissance d’Hitler, l’arrivée des Allemands en France, l’exode, l’appel du général de Gaulle du 18 juin 1940, les déportations, les camps de concentration et les conditions de vie monstrueuses, les chambres à gaz,  la rafle du Vél d’Hiv, les pénuries alimentaires, la faim et le rationnement, la résistance, les massacres… Tout autant d’événements et de faits que nous connaissons tous, mais qu’il est important de garder en mémoire.

J’ai été happée dès les premières pages par le récit, mais il y a un point que j’ai particulièrement apprécié dans ce roman, c’est que l’autrice n’est pas tombée dans le manichéisme trop courant qui consiste à opposer les méchants Allemands aux gentils Français. Certains Allemands, horrifiés par les actes du Führer, aideront la population française et la résistance comme Dieter qui profitera de sa position de traducteur pour sauver de nombreuses vies. Une bravoure d’autant plus louable qu’à l’inverse, des Français n’hésiteront pas à trahir leur pays soit par conviction soit pour obtenir argent et statut social faisant fi de toute moral, solidarité et humanité. Ils dénonceront, espionneront, tortureront… sous l’œil dégoûté du lecteur qui se rappellera que hélas, ces comportements ont bel et bien existé.

L’autrice nous parle aussi de tous ces Français qui vont lutter seuls ou de manière organisée, pour sauver des individus, voire des familles entières... Il y a bien sûr ceux qui entrent dans la résistance, mais aussi ces officiers de police qui avertissent ou détournent les ordres sans oublier ces héros du peuple qui cachent, soignent, logent ou nourrissent les personnes en danger qui croisent leur route. La guerre révélera donc ce qu’il y a de plus beau comme ce qu’il y a de pire chez les hommes et ceci, nonobstant leur nationalité !

Le roman contient beaucoup de personnages, tous très différents. Certains sont d’emblée antipathiques à l’instar de Colette, une opportuniste qui n’hésitera pas à trahir quand cela l’arrange ou d’Émilie Gouraud, une ancienne sportive qui va mettre ses capacités physiques au service de l’Allemagne. D’autres se révèlent, a contrario, tout de suite attachants : Louise, Maja, Rebecca, Pierre, Dieter… Il y a également dans le lot, un homme qui se détache. D’abord fidèle aux principes d’Hitler, il va finalement prendre conscience de la folie de cet « homme » et œuvrer dans l’ombre pour l’arrêter. Loin d’être un héros, c’est le genre de personnage qui met mal à l’aise, car s’il évolue, cela n’efface pas tout le mal qu’il a pris plaisir à faire.

J’ai haï certains personnages, mais il y en a beaucoup d’autres que j’ai adorés en raison de leur gentillesse, de leur personnalité et de leur courage. Et pour ceux-ci, je n’ai pu que suivre avec angoisse, la boule au creux de l’estomac, les nombreux dangers qu’ils affrontent. On sait pertinemment que tous ne survivront pas, les happy ends n’étant pas légion dans une guerre, a fortiori dans une guerre aussi destructrice que la Seconde Guerre mondiale, mais on continue quand même d’espérer une fin heureuse pour chacun. 

Malgré tous ces meurtres, cette haine qui s’engouffre dans le cœur des gens et les terribles injustices auxquelles on assiste, l’amitié et l’amour restent présents dans le roman : les amis s’aident, se soutiennent, mais sont aussi parfois séparés à jamais. Et ces séparations brutales ne pourront que vous briser le cœur. De la même manière, des couples se forment bien souvent dans l’angoisse de perdre l’être aimé ou d’être sévèrement jugés par la société quand il s’agit de couples franco-allemands. Pour ma part, j’ai été très touchée par ces couples qui, malgré les épreuves qu’ils rencontrent et l’angoisse permanente dans laquelle ils vivent, se soutiennent et œuvrent souvent de concert pour le bien de la France.

La Seconde Guerre mondiale n’est pas un sujet des plus faciles à traiter, mais Christelle Rousseau s’en sort très bien en nous proposant un livre rythmé et prenant. L’alternance des personnages et la présence de chapitres courts offrent ainsi une grande fluidité au récit que l’on découvre à une vitesse folle, pris dans le tourbillon des événements. Quant à la plume de l’autrice, elle se révèle assez factuelle sans pour autant être rébarbative. En gardant une juste distance avec ses personnages et en évitant tout pathos, elle arrive à nous faire ressentir l’horreur de cette guerre qui a exterminé sans aucune pitié des êtres humains pour des raisons totalement absurdes… Pour être au plus près de la réalité, elle évoque également des scènes de torture, mais toujours en gardant une certaine sobriété. C’est cru et brutal, mais on ne tombe jamais dans le sensationnalisme ou la surenchère dans les descriptions. Ces scènes font réagir, mais ce qui m’a le plus émue et touchée, ce sont des épisodes forts comme la rafle du Vel d’Hiv, la découverte des chambres à gaz de l’intérieur, ces familles/amis/amants séparés… Des événements dramatiques que l’on a tous étudiés, mais qui marquent toujours autant.

J’ai beaucoup apprécié ma lecture, mais la multiplicité des personnages pourra dérouter certaines personnes. Je vous conseillerais donc de lire le livre sans faire de longues pauses sous peine de vous emmêler les pinceaux. Pour ma part, j’ai également pris le soin de noter le nom des différents personnages avec les principales étapes de leur vie pour bien les situer dans l’intrigue. Cela n’est pas indispensable à la compréhension, mais ça m’a permis de garder une vision claire de l’ensemble du livre.

En conclusion, Les chemins de la délivrance, c’est le récit de personnes ordinaires qui se transforment, le temps de la guerre, en héros, et d’individus lambda que la guerre révèle dans toute leur noirceur et leur inhumanité. D’une écriture simple et dénuée de pathos, Christelle Rousseau invite le lecteur à revivre, à travers la vie de nombreux personnages, un épisode sombre de notre histoire qu’il est nécessaire de ne jamais oublier ; la folie humaine ayant en commun avec les monstres des films d’horreur de ne jamais vraiment s’éteindre…

Et vous, envie de découvrir le roman ?
Retrouvez-le sur le site d’Évidence Éditions.

Nouvelle chronique pour les chemins de la délivrance.

Merci à Gabrielle Viszs pour cette belle chronique.

« Je remercie Jennifer ainsi que la maison d’édition Evidence dans le cadre de notre partenariat pour m’avoir fait découvrir ce livre. J’en ressors la gorge étreinte, le coeur en miette, une boule immense qui se bloque et ne veut pas partir.

Les chemins de la délivrance, ce n’est pas un livre comme les autres. Il pourrait très bien être une forme de témoignage de la guerre 39-45 tant les événements écrits m’ont fait penser à ce que ma grand-mère me racontait de cette guerre. Elle avait 15 ans à l’époque et j’ai retrouvé beaucoup de points. La chance qu’elle a eu, c’était de vivre en campagne et de ne pas être juive. Pourtant une religion ne devrait pas être ou ne pas être un moyen d’avoir de la chance. Comme l’indique le résumé, il s’agit de l’histoire de plusieurs personnes, Français, Allemands, appartenant à la gestapo, à la résistance, à l’alliance. Bon ou mauvais côté, chacun de ses personnages auraient pu être une vraie personne qui a vécu cet enfer.

Cette seconde guerre mondiale a marqué les esprits de par les témoignages des survivants. J’ai aimé la façon dont l’auteur la retrace, à sa manière. Il ne s’agit pas de chapitres qui racontent une histoire, ce sont des lieux, des dates, des personnages qui montrent ce qu’ils ont vécu. C’est plonger à leurs côtés tout en imaginant ce qu’ils ont pu ressentir. L’auteur reste en retrait et sa façon de décrire pourrait mettre une barrière entre des événements et le lecteur. Cette barrière n’existe pas à mes yeux. Le côté de « vouloir » ne pas ressentir en écrivant de cette façon est plus percutant. C’est impossible de ne rien ressentir à la lecture de ce qui se passe.

Il y a des détails qui me font penser que l’auteur a fait énormément de recherches. Des détails qui ne sont pas forcément connu du grand public. Il faut pour cela avoir quelqu’un dans son entourage qui l’a vécu. Je ne saurais dire si c’est bien ou non. Bien dans le sens où il ne faut pas oublier ce qui s’est passé durant ces nombreuses années, mal pour celui ou celle qui a dû survivre dans ces temps de guerre. Le livre est complet. Drame, suspense, surprise, espoir, désillusion, un peu d’amour, beaucoup d’amitié, de la souffrance à profusion, des moments de tendresse quand il faut le prendre car personne ne sait quand le bonheur frappera à sa porte. Perte d’êtres chers, l’angoisse de ne pas savoir. Et puis il y a ses personnages, je pense à Louise, Gustav, Kitty, Angelo, à Rebecca également, auquel on s’attache et dont on ne sait pas s’ils vont survivre d’ici la fin du récit.

Les personnages sont réalistes. Ils nous ouvrent leur cœur, leur pensée, leur acte, leur vie, leur fin de vie. Il y a ceux qui sont dans la résistance parce qu’ils le veulent, parce qu’ils s’ennuient. Il y a ceux qui changent de camp entre deux, pas pour le profit, mais parce que s’ils ne le font pas, la mort sera au bout quoiqu’il arrive. Il y a ces allemands qui sont considérés comme des traîtres à leur patrie parce qu’ils aident des juifs. Et ces mêmes allemands qui sont mal vus par les français parce qu’ils sont allemands et donc différents d’eux. Il y a ces français qui se battent pour leur pays et qui tombent, que ce soit sur le champ de bataille ou en plein espionnage après avoir subit des tortures inimaginables. Il y a ces français qui se cachent sous terre pour ne pas voir la misère autour d’eux et ceux qui pactisent avec l’ennemi.

L’auteur ne fait pas de caricature, elle fait en sorte de montrer les aspects humains de tous sans pour autant mettre la moindre idée sur ce qu’elle pense. Qu’elle soit pour ou contre, les faits sont là. Le livre débute en 1933, lors d’un incendie. C’est à ce moment que le plan machiavélique de Hitler se met en place. Il n’aura de cesse de vouloir le monde à ses pieds. Bien que certains de ces généraux ne soient pas d’accord, la peur de ce que cet homme est capable de réaliser les obligent à le suivre. Le combat ne cesse pas. Il y a des espions partout. Hommes, femmes, enfants, tous sont concernés. Aucun ne peut rester en arrière et même si certains le font, ils y a ceux qui ne trahiront jamais leur cause, quelle qu’elle soit.

Les descriptions sont justes. Lors des séances de tortures, il y a juste ce qu’il faut pour ne pas nous faire dévier le regard. L’auteur laisse juste assez à notre imagination pour faire le reste. Juste assez pour avoir mal pour eux, pour se rappeler que la folie d’un homme en a mis en terre bien plus qu’il ne fallait. La lecture est fluide, les « chapitres » sont si courts que je me disais allez encore un, puis un autre. Les paysages sont posés, les mines graves, les regards flous, la détresse des gens est bien représenté, même trop bien car elle fait mal. Comment oublier tout le mal fait ? Le point qui éclaire c’est la nature humaine, celle qui cherche l’espoir, celui qui se bat pour les autres, qui ne lâchera rien, préférant mourir que donner des informations. C’est cet amour naissant, cette amitié qui est plus fort que tout.

Les stratégies pour envahir la France ou pour l’en délivrer n’est ni pompeux ni lourd. Quelques détails, des éléments qui nous permettent de mieux comprendre certains passages de l’histoire. Les personnages se mélangent sans le savoir. Il vaut mieux ne pas s’attacher à eux car certains ne s’en sortent pas, ce qui est impossible pourtant même en sachant que c’est un sujet difficile. Et puis il y a ces personnages qui sont très attachants et qui au final se montre en dessous de tout tout cela pour rester en vie ? Alors que d’autres se sont battus jusqu’au bout ? Un choix difficile pour tous. Si nous avions été à leur place, quel choix aurions-nous fait ?

Je vais m’arrêter là, mais je pourrais continuer longtemps sur cette « belle » histoire. Belle dans le sens où elle est bien écrite. Les atrocités y sont rappelées sans pour autant tout montrer vivement, salement. L’espèce humaine est capable du meilleure comme du pire.

En conclusion, passionné ou non d’Histoire, je vous le conseille. Comme je l’ai dit plus haut, il est complet. Tant dans les émotions, que dans cette seconde guerre mondiale, que dans les descriptions. Malgré la noirceur du sujet, il y a des parts de lumières qui atténuent quelque peu. Il faut savoir prendre le bonheur tant qu’on peut. Je sais que lorsque mon fils aura deux ou trois ans de plus, il le lira pour mieux comprendre certains côtés de cette monstruosité.

http://chroniqueslivresques.eklablog.com/les-chemins-de-la-delivrance-christelle-rousseau-a147855196″